Le manque et le changement – 31 janvier

Le problème avec le changement, c’est qu’il faut savoir laisser partir une ancienne part de soi, pour la remplacer par une toute nouvelle. Selon moi, c’est la partie la plus difficile. Ce greffon de nouveautés peut être rejeté, ou mettre du temps à être irrigué. C’est pendant ce laps de temps assez stressant où vous faites de votre mieux pour que votre corps, esprit et cerveau acceptent tous ces changements que votre tête devient un véritable nid à doutes. En avez-vous réellement besoin? Est-ce que votre vie en sera meilleure? Il en va sans doute qu’elle sera différente. Ne pouvez-vous juste pas faire un ctrl+z pour que les choses redeviennent comme avant?

C’est dans ces moments là qu’on se rend compte qu’on vit principalement dans le passé. Pas tout le monde, bien évidemment. C’est lui qui nous retient, qui berce nos pensées, nos peurs, nos victoires, nos réussites et nos malheurs. On s’y attache, on le dorlote, et tout comme le doudou de notre enfance, il est très difficile de s’en défaire. Il est une grande part de nous, il est principalement la cause de ce que l’on est aujourd’hui. Il est vrai qu’il est impossible de s’en défaire totalement, puisque chaque action du passé a un impact sur le présent. Cependant, plutôt que de vivre dedans, on peut tout simplement rebondir dessus. Hier n’est rien de plus qu’un lointain souvenir.

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« Aujourd’hui est un autre jour ». C’est une phrase que je trouvais vraiment stupide il y a encore quelques jours. Elle est vraie pourtant. Chaque nouveau jour est comme une page blanche, maculée par les traces du passé. Ces taches sont certes un peu gênantes, mais il est possible de les recouvrir. Dans certains cas, il est même possible de s’en servir pour rendre le tableau encore meilleur. Finalement, cette feuille est utilisable, et vous pouvez en faire le plus beau des tableaux : celui de votre futur. Sachez que rien n’est figé à vie.

Même un tatouage qu’on signe pour la vie. Il ternit, parfois il mérite des retouches. Il est possible qu’avec le temps on se rende compte qu’il est hideux, ou qu’on en veut plus. Quelques retouches à celui-ci vous offrent la possibilité d’avoir quelque chose de nouveau, quelque chose de frais, quelque chose qui vous plait. La vie est pareille – votre passé vous est certes imprimé dans la peau, mais à travers le présent vous pouvez le soumettre à des retouches, et vous promettre un futur à votre image. Sauf que tout comme le tatouage, cela mérite du temps, un certain coût et des efforts. Les modifications ne sont peut-être pas pour aujourd’hui, mais rien ne vous empêche d’économiser tout en vous promettant un futur glorieux. Pièce par pièce. Petit pas à petit pas. L’essentiel est de s’accrocher et de garder prise.

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Avec le changement peut venir le manque. Tout comme le changement, il est intimement lié au passé. D’une manière plus violente. C’est comme si on vous volait une part de vous, et qu’on cachait le trou créé par une bâche de souvenirs. Il faut alors attendre de trouver le morceau parfait pour reboucher le vide. On essaie plusieurs autres pièces pour nous reconstruire, nous compléter. Mais tout comme dans un puzzle de 1000 pièces, ce n’est pas évident de trouver la pièce correspondante. Il faut qu’il est la forme et la couleur idéale. Il arrive qu’on doute. Et s’il n’y en avait qu’une, et si elle était irremplaçable? Lorsqu’on trouve la prothèse parfaite, il arrive que le questionnement persiste. Le jour, tout semble aller pour le mieux, mais la nuit on souffre du membre fantôme.

Parfois on s’impatiente, et on tente de se combler avec plein de petits morceaux. Notre corps peut les rejeter, et l’absence n’en devient que plus grande. Certains finissent par abandonner, l’accepter et ne faire qu’un avec cette cavité. Quelle que soit la solution, avec le temps, toutes les blessures s’effacent. Elles ne font plus mal, mais elles laissent une trace. Lorsqu’on passe le doigt dessus, on sent qu’elles sont encore là. Il arrive même qu’elle picotent encore un peu. Elles deviennent des cicatrices, des victoires de guerre, des médailles qu’on arbore pour y avoir survécu.

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