2 février

Je m’efforce de mon mieux à garder la tête haute, et prétendre que je suis forte. Plus le temps passe, et plus j’arbore un sourire et un masque de glace. De cette manière, je suis persuadée que si les personnes n’ont pas accès à mes sentiments, il ne m’atteindront pas. Le soucis, c’est que j’en oublie de montrer à ceux à qui je tiens, que je tiens vraiment à eux. Ou du moins, c’est ce qu’on me reproche.

Tout semble aller bien avec tout le monde. Sauf un groupe de personnes. Mes amis du lycée m’apprécient, mes amis de mon école universitaire m’aiment bien, et mes connaissances extérieures aussi. Il y a juste un groupe, qui ont un problème avec moi. Le soucis c’est que je n’arrive pas à savoir d’où cela vient, et je ne sais pas comment le régler puisque tout le monde fait le jeu de l’autruche. Cette guerre froide qui s’est installée est plus que pesante, mais j’en fais partie, puisque je ne dis pas que ça ne va pas.

Aujourd’hui, quelqu’un a balancé la première bombe nucléaire. J’ai rebondi dessus, et j’ai déployé le drapeau blanc. Je me suis mise à nue, et jamais je n’ai parlé de choses aussi personnelles que ce matin. Naïvement, je pensais que les personnes réagiraient à leur tour. Qu’on va enfin tous mettre cartes sur table, parler comme des adultes. Mettre fin à la guerre, et proclamer des jours de paix et d’amour.

Encore une fois, j’ai été naïve. Je ne sais pas quoi faire, dois-je abandonner? C’est plus que négatif pour moi. Et j’ai d’autres horizons vers lesquels me tourner. C’est toujours dur de dire au revoir aux personnes qu’on aime, mais je suis fatiguée de m’expliquer. Je n’en peux plus de devoir des explications, à chaque fois, à tout le monde. Je ne fais rien de mal, j’exprime juste moins mon affection. Je suis moins présente, plus effacée. Je créée moins de liens. Mais j’apporte du soutien, de l’affection. Je n’ai jamais parlé dans le dos de qui que ce soit, ou profité de ma relation avec les autres. Je n’ai jamais rien demandé, et j’ai toujours refusé ce qu’on pouvait m’offrir. Alors, j’aimerai comprendre pourquoi est-ce qu’on m’en veut autant de n’aller vers les autres que lorsque j’en ai l’occasion, et de m’isoler lorsque je ne l’ai pas.

***

Comment expliquer aux gens que le contact humain est stressant. Que je ne sais pas mettre de mots sur mes émotions. Que j’ai grandi dans un monde où l’amour était sous entendu, mais jamais prononcé. Que j’ai évolué depuis mes tous premiers souvenirs sous les coups, les insultes et les disputes. Qu’on a implanté dans mon cerveau et nourri cette graine, devenu un arbre aujourd’hui, m’expliquant que je ne vaux rien, que je ne suis faite pour rien, et que jamais je ne serai appréciée de quiconque. Et que désormais, c’est la seule chose qui raisonne dans ma tête à chaque fois que j’ouvre la bouche, que je me présente quelque part, que je respire. « zut, je n’aurais pas dû dire ça ». « merde, je me suis ridiculisée ». Qu’à chaque fois que j’ai des rêves et des ambitions, on me rappelle que ça ne se réalisera jamais. Que même si j’ai tout ce que je veux, j’ai également des problèmes. Ma mère est malade, et refuse de se faire opérer. Cela fait au moins 5 fois en 6 mois que je suis allée à l’hôpital pour mon père – il a même frôlé la mort cet été.

J’aimerai rappeler au monde que je n’ai pas grandi dans un même amour qu’eux. Que j’ai du mal à me dire que je peux avoir de la valeur aux yeux des autres. Que j’ai besoin qu’on me rappelle constamment que je vaux quelque chose, parce que l’oublie très vite. Parce que dans un contexte privé, on me rappelle rapidement que ce n’est pas le cas. J’aimerai leur dire que j’ai des problèmes plus importants sur lesquels je me concentre, et que c’est pour ça que leur parle pas, l’anxiété mis à part. Parce que j’ai un poids sur mes épaules qui me fatigue énormément. Et que mes seuls moments de calme, j’aime me les accorder égoïstement.

Finalement, j’aimerai leur dire que j’ai plein de défauts. Que j’essaie d’y remédier. Mais qu’il est difficile de grandir dans un environnement rempli de doutes, d’insultes, de disputes et de peurs. Je fais de mon mieux pour évoluer, mais que moi aussi j’ai mes faiblesses. Sauf que lorsque je me sens faible, je m’isole du monde. Que parfois, il m’arrive de craquer – mais je ne le fais pas sciemment.

Je suis fatiguée. J’aimerai tant leur expliquer à quel point je suis épuisée.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s